Les chiffres occupent une place croissante dans la gouvernance des organisations. Cette « quantophrénie », pour reprendre l’expression d’Alain Supiot, fut initialement confinée aux questions financières et touche désormais aux affaires environnementales. La multiplication des indicateurs — limites planétaires, prix du carbone, reporting extra-financier, etc. — peut d’ailleurs laisser croire que les enjeux écosystémiques seraient systématiquement quantifiables, fractionnables, comptabilisables et titrisables. En écologie, tout n’est pourtant pas mesurable, comme ne cessent de le rappeler les scientifiques de l’IPBES ou du Stockholm Resilience Centre.
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