À ce jour, l’utilisation de l’IA dans les fonctions financières des organisations publiques reste extrêmement limitée. Oui on va trouver des applications nombreuses autour des RPA et machine learning mais très peu dans le domaine de l’IA générative.

Néanmoins cette évolution est inévitable. La technologie existe et est au point.

Les éditeurs de solutions informatiques, ERP, BI commencent à intégrer des modules IA dans leurs produits.

Donc il convient de se préparer à ces mutations et d’explorer les voies de la gestion financière et comptable dans lesquelles une utilisation de l’IA pourrait s’envisager

Quatre domaines d’application essentiels peuvent être imaginés :

Le domaine budgétaire et les prévisions

Ce domaine se prête particulièrement aux concepts et fonctionnalités de l’IA.

Prévoir, anticiper, exploiter une quantité de data innombrable, de paramètres variés et complexes sont les atouts de cette technologie.

Prévoir les recettes fiscales, imaginer le budget de l’État et des administrations publiques en tenant compte de paramètres innombrables, des effets induits et externalités pouvant résulter des hypothèses de travail constituent des avancées que l’IA va pouvoir mettre au service des gestionnaires.

Mais aussi construire des scénarios fonctions de différentes hypothèses, démographiques, géopolitiques, de politique intérieure, du contexte social, du climat, … va être considérablement aidé par ces technologies.

Les projets de loi de finances seront plus affûtés, les actualisations et révisions budgétaires facilitées.

Ainsi tout un champ de possibilités nouvelles se présentent dans ce domaine des prévisions.

Ces avantages seront également complétés de plus par des outils plus simples, des automates et autres robots de processus facilitant les consolidations, les mises en cohérence et autres activités de contingences que l’on réalise encore très souvent manuellement.

L’exécution du budget et la chaîne de la dépense

Tout au long de la chaîne de la dépense et de l’exécution budgétaire, les avancées de l’IA vont être également décisives.

Identifier les dépenses à risque et à enjeux, renforcer le contrôle hiérarchisé des dépenses (CHD), peuvent constituer des domaines où les outils de l’IA vont s’avérer cruciaux pour cibler les contrôles et se focaliser sur les dépenses stratégiques.  Notamment, dans la passation des marchés publics, dans l’analyse des offres, le suivi de ces marchés, en identifiant les éventuelles dérives.

Mais d’autres apports seront également précieux dans la chaîne de mandatement de la dépense : rapprocher le service fait de la facture et de l’engagement juridique, évaluer et comprendre les écarts, vérifier l’existence des pièces justificatives.

Les robots vont être dans ce domaine là d’un apport considérable apportant qualité, rapidité et efficacité dans les traitements.

Le recouvrement

Le recouvrement des créances de l’État va constituer un autre terrain d’application de l’IA.

Déjà en amont pour lutter contre la fraude fiscale, en identifiant les contribuables ou les situations suspectes grâce à des recoupements d’informations permettant d’évaluer la position fiscale des assujettis.

 Cette démarche va de pair avec le suivi du paiement de l’impôt et les actions de recouvrement qui en découlent.

Ainsi, analyse des créances, nature des actions de relance et éventuelles poursuites à engager, proposition d’aménagement et de compromis pourront bénéficier des apports de l’IA.

Le pilotage et l’anticipation pour une prise de décision optimisée

Enfin un dernier domaine et ce n’est pas le moindre est par essence concerné : tout ce qui relève de la prise de décision pour piloter au mieux son activité.

Anticiper pour mieux décider constitue un des domaines où les apports de l’IA vont s’avérer essentiels

À partir des résultats obtenus à un moment donné les moteurs de l’IA vont être en mesure de projeter une situation à 6 mois, 1 an, voire plus et ceci grâce à l’ensemble des datas disponibles : les chiffres comptables de réalisations, les projections et prévisions envisagées sur la période, les aléas potentiels.

Dès lors des scénarios de décisions peuvent s’envisager pour rester dans la trajectoire

A l’appui de ces possibilités la construction de tableaux de bord et de reporting sera facilitée grâce à des robots de type RPA, pour produire en temps et en heure des éléments de décisions

En conclusion : plus d’IA et mieux d’humain

L’IA ne se substitue pas aux experts budgétaires, mais elle les assiste en leur fournissant des analyses plus fines, plus rapides et plus fiables.

Si nous sommes encore à l’aube de l’utilisation de ces super outils, des avancées significatives se font jour dans la gestion quotidienne des fonctions financières et la décision publique commence à s’appuyer sur de telles solutions.

Mais un champ d’opportunités reste encore à développer.

Toutefois l’IA ne pourra jamais remplacer l’intervention humaine. Elle permettra de la bonifier. Il conviendra de rester vigilant sur ces apports en trouvant la juste utilisation de ces outils et en laissant la place qu’il convient à la prise de décision du décideur public.

Par exemple l’intuition qui reste également une qualité des décideurs et des managers aura dû mal à être absorbée par l’IA.

Mais également le bon sens, l’expérience, l’enracinement métier d’un décideur interviennent également de manière significative pour prendre une position.

Si l’humain restera clef pour décider, analyser en profondeur, mesurer les cohérences, son rôle se transformera de manière indéniable.

Les chiffres, les algorithmes et les analyses que pourra proposer l’IA seront à regarder de près et demanderont l’intervention d’experts. Ces derniers à l’origine des prompts et des requêtes auront un rôle fondamental à jouer pour interpréter les analyses proposées par les algorithmes.

Un autre atout excessivement précieux : la vitesse d’exécution, qui fait gagner du temps pour produire les chiffres et les analyser. Cet aspect revêt le plus souvent un caractère spectaculaire, laissant ainsi de la place à la réflexion et l’analyse. Passer de plusieurs jours pour élaborer une tâche à quelques minutes !! est un atout considérable pour organiser le travail différemment.

Nous sommes confiants dans les avancées que l’IA permettra et la capacité des gestionnaires à mettre en œuvre les transformations qui les accompagnent.