Ceux qui s’en sortent

Et alors l’impensable est arrivé.

Il y a un an tout juste (le premier cas à Wuhan date du 17 novembre 2019) naissait une épidémie, devenue pandémie depuis, qui a bouleversé la santé publique certes, mais également nos vies quotidiennes, nos certitudes, notre économie, la santé de nos entreprises et jusqu’à nos modes de travail. C’est d’autant plus marquant que notre monde semblait de plus en plus invincible grâce au progrès et à la technologie, malgré la crise climatique qui pointe. Le « cygne noir » de Nassim Nicholas Taleb a étendu ses ailes sur le monde : ce cygne noir est un évènement aléatoire, hautement improbable, et ayant une grande influence sur nos vies. On y est, non ? Et l’impensable accident hasardeux fait vibrer ses ondes jusqu’aux plus profonds de nos entreprises. C’est le temps de l’incertitude : confinement, déconfinement, relance, fermeture, accélération ?

Mais Nassim Nicholas Taleb n’en reste pas là. Il propose une piste de sortie de crise : l’« antifragilité », ce pouvoir de tirer profit des craintes, de l’imprévisible, des hasards. Cela passe, bien sûr, par l’agilité dans la transformation. Cela ne suffit pas : dans un système antifragile, chaque sous-système doit pouvoir mourir sans que le système entier ne meure. Personne ne sait de quoi demain sera fait, et dans les entreprises chacun peut tenter de prévoir les conséquences des évènements économiques, sociaux, politiques et sanitaires. Face à ce qu’elles n’ont pas prévu, elles doivent accepter la volatilité du présent et être une organisation en mouvement permanent. Avec des collaborateurs exercés à prendre des risques et à réagir à des crises, une entreprise tirera plus facilement son épingle du jeu dans une grande crise. Être antifragile, c’est aussi éviter les erreurs à ne pas faire pour être en meilleure position face à l’imprévu, au hasard, à l’aléatoire, pour pouvoir renaître en permanence, comme un organisme vivant.

Quand nous regardons autour de nous aujourd’hui, on voit combien la crise a frappé fort. Mais on voit également que certaines personnes, certaines organisations « s’en sortent » mieux que d’autres. Tout en traversant les mêmes difficultés que tout le monde, elles ont même profondément bénéficié de la crise et en sortent plus grandes, plus fortes, transformées, ayant utilisé ce temps particulier comme un accélérateur de transformation, et un temps de réflexion sur leur business model.

 

Écoutons donc nos rédacteurs du jour. Leur expérience et leur retour sont inspirants… Place à « ceux qui s’en sortent ».

Tout d’abord, Violaine Amigues, fondatrice de Kint, livrera les secrets des personnalités des dirigeants les plus à même de s’en sortir.

Ensuite, trois directeurs financiers partageront comment ils se sont sortis de la crise : Olivier Stephan s’est surtout recentré sur les fondamentaux, Cécile Gibello a fait évoluer les outils de pilotage pour gérer l’incertitude et Sophie Rolland Moritz a su accompagner les collaborateurs dans une digitalisation encore plus grande.

Enfin, ceux qui s’en sortent ne restent pas seuls, ils savent faire appel à des tiers comme des investisseurs, des associations professionnelles, des administrateurs judiciaires…

  • Marie-Christine Levet, fondatrice du fonds d’investissement Educapital a su accompagner les entreprises de son portefeuille : hypercroissance, repositionnement, refinancement.
  • Cathy Dufour, directrice générale de l’Ameublement français a su trouver des voies pour aider ses adhérents à conserver le même chiffre d’affaires qu’en 2019, par la force du collectif.
  • L’U2P fédère plusieurs millions de TPE et d’entreprises artisanales, et a su influencer la règlementation.
  • Enfin, Benjamin Tamboise et Eric Samson, administrateurs judiciaires associés chez FHB, aident les entreprises qui risqueraient la panne de trésorerie à anticiper pour trouver des solutions capitalistiques et protéger l’activité en attendant la reprise.

Alors, entrez dans notre dossier du mois, et inspirez-vous de « ceux qui s’en sortent ».

  • Sophie Mouterde
  • Isabelle Massa