CFO sous LBO… un métier complexe et passionnant

Si on écoute l’imaginaire collectif, le Leverage Buy Out (LBO) aurait parfois mauvaise presse. En effet certains considèrent qu’il s’agirait de la mainmise de fonds d’investissement sur des PME ou des ETI, afin d’en tirer rapidement le maximum de profit. Pourtant, le LBO est un outil efficace pour la reprise d’entreprises qui ont un besoin crucial de soutien financier, et il permet souvent de les mettre sur le chemin d’une croissance solide et durable.  

Il s’agit d’une technique d’acquisition des entreprises qu’on appelle l’effet de levier, le repreneur faisant appel à divers emprunts et utilisant le moins possible ses fonds propres. Comme les emprunts sont remboursés à l’aide de la rentabilité de l’entreprise, celle-ci est mise sous pression pour optimiser sa performance.  

Bien sûr, cet effet de levier n’est possible que si les fondamentaux de l’entreprise étaient déjà bons au départ.  

Mettre en place un LBO dans une entreprise, que ce soit avec des dirigeants à la manœuvre ou avec un fond d’investissement, a des impacts directs sur ses comptes, le plus flagrant étant la hausse de son endettement. Il s’agit cependant avant tout de construire petit à petit une autre entreprise, plus grande, plus forte, parfois plus responsable, et de créer de la valeur. Une étude a montré que les sociétés sous LBO croissent plus vite que les autres, avec une hausse annuelle moyenne de leur chiffre d’affaires de 5,6 %, versus + 0,7 % pour les autres entreprises françaises. 

Par ailleurs, le développement provient également de la croissance externe (appelée dans ce cadre « build up » comme construction). Cette croissance externe réalisée sous LBO impose de revisiter tout le système de financement, de solliciter les actionnaires pour un nouveau tour de table et de remettre à plat la structure juridique et fiscale.  

Dans cette création de valeur, le CFO a un rôle essentiel de business partner, plus encore que dans des entreprises à la structure de détention plus traditionnelles. Il est là pour assurer le financement, la mise en place de procédures souvent inexistantes, pour structurer les équipes financières, pour gérer les acquisitions et les intégrer. Il s’agit enfin pour le CFO d’aligner tous les acteurs du nouveau groupe sur les mêmes objectifs de création de valeur. Les outils de management package sont utiles pour cet exercice de pédagogie.  En bref, le CFO ne s’ennuie pas  ! Ses priorités sont multiples, ses journées souvent bien remplies, et il doit trouver le juste équilibre entre son CEO et le fonds d’investissement. Le contexte incertain actuel du Covid-19 rajoute encore de la complexité à sa mission 

L’aventure vous tente ? Voyez un peu…

  • Isabelle Massa
  • Sibylle Blumenfeld