De l’agilité dans la finance !

Sophie Mouterde, Membre du Comité éditorial de finance&gestion | Philippe Robert-Tanguy, Sociologue-consultant, associé-gérant d’Alis management, vice-président du Comité éditorial de finance&gestion

Publié le 12/04/2018

Si le thème de l’agilité n’est pas nouveau, ces trois dernières années il est fortement monté dans les préoccupations des dirigeants d’entreprise. Dans un monde complexe, incertain où la notion de temps s’est accélérée, les modèles bureaucratiques apparaissent plus fragiles ! L’agilité semble être une réponse à la fragilité des […]

Si le thème de l’agilité n’est pas nouveau, ces trois dernières années il est fortement monté dans les préoccupations des dirigeants d’entreprise. Dans un monde complexe, incertain où la notion de temps s’est accélérée, les modèles bureaucratiques apparaissent plus fragiles ! L’agilité semble être une réponse à la fragilité des rigidités organisationnelles. Aujourd’hui, les organisations doivent être en mesure de s’adapter aux évolutions de leur environnement, aux besoins de leurs clients, aux nouvelles technologies en émergence…

Après l’informatique qui a développé depuis 25 ans des méthodes agiles, après la relation client qui a dû mettre en place des modes de customisation pour répondre aux spécificités et à l’unicité de chaque client, la fonction finance doit elle-même développer des modes de fonctionnement plus agiles. Dans un monde de règles, de normes, l’agilité n’est pas forcément évidente. Et pourtant, de plus en plus, l’agilité organisationnelle doit se mettre en œuvre au travers de l’ensemble des modes de fonctionnement, y compris dans la finance d’entreprise. Les systèmes d’information et la digitalisation des processus sont une aide précieuse pour flexibiliser les directions financières. Au-delà des systèmes d’information, ce sont les modes de fonctionnement qu’il est nécessaire de revoir, et parfois de penser à l’envers comme par exemple le processus budgétaire. Rendre l’organisation plus agile suppose de travailler sur les différentes dimensions : la structure, les process, les systèmes, les compétences et pratiques professionnelles. Cela nécessite également de développer un management agile. Enfin, l’agilité ne se décrète pas, elle doit se penser avec l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise. L’agilité suppose l’autonomie des collaborateurs et la prise de décision au plus près des incertitudes, d’où la nécessité de faire confiance.

Dans des organisations fonctionnant depuis toujours sur un mode très hiérarchique, l’agilité est une vraie révolution culturelle. Étendue à toute l’entreprise, elle ne peut fonctionner sans impacter à un moment les comités de direction. Les bénéfices à en tirer sont nombreux, comme le montre ce dossier, et l’agilité peut être un moyen de fidéliser les talents, en répondant à la demande de sens des équipes, et notamment des jeunes générations.

Dans un monde complexe et incertain, l’agilité est une réponse à la fragilité des rigidités organisationnelles