Se réinventer durablement

Dialogue avec Arnaud Marion, l’homme qui fait de toute crise, une opportunité

Par Arnaud Marion , Hervé Boullanger Publié le 30/11/2020

Dialogue avec Arnaud Marion, l’homme qui fait de toute crise, une opportunité

Par Arnaud Marion , Hervé Boullanger Publié le 30/11/2020
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Nous vivons une crise sanitaire d’une ampleur inédite, non tant en termes de gravité qu’en termes planétaires. Cet événement a surpris tous les dirigeants politiques et économiques et ils ont dû inventer au fil de l’eau des solutions pour faire face. Pourtant, de la même façon qu’à l’a veille d’une Coupe du monde, il y a dans notre pays 60 millions de sélectionneurs de l’équipe de France, il y a désormais 60 millions de spécialistes de la gestion des crises qui savent ce qu’il aurait fallu faire pour éviter ou contrôler la crise sanitaire. C’est pourquoi Finance&Gestion a voulu interroger un véritable expert de terrain, gestionnaire des crises en entreprises.

Qualifié par la presse de « sorcier du redressement industriel », de « redresseur d’entreprise en série » ou de « star du retournement des entreprises », Arnaud Marion a souvent fait la une des médias pour le sauvetage d’entreprises qui semblaient s’enfoncer dans des difficultés insurmontables. Egalement fondateur d’un institut de formation (l’IHEGC), Arnaud Marion vient de publier chez les éditions Eyrolles : Partout où je passe, les mêmes erreurs : Les conseils d’un serial redresseur d’entreprises pour réussir sa gestion de crise et se transformer : une sorte de « discours de la méthode » pour colmater les brèches qui font eau de toute part dans les crises (communication, social, trésorerie, production…) et sortir du déni qui fait espérer qu’en niant le réel, il finira par s’arranger.

Propos recueillis par Hervé Boullanger, Conseiller maître, Deuxième Chambre, Cour des Comptes, membre du comité éditorial.

Parlez-nous un peu de vous ? Quelles étapes marquantes de votre parcours vous ont amené à endosser la cape du sauveur ?

Fils d’un Général de gendarmerie, j’ai vécu dans des casernes jusqu’à l’âge de 19 ans, et pendant une partie de ma jeunesse mes voisins d’immeuble étaient les officiers du GIGN qui s’entraînaient sous mes fenêtres ! J’ai très vite compris que quand on était otage on ne pouvait pas être le négociateur, et j’en ai fait une de mes maximes professionnelles.

Le début de ma vie professionnelle chez Arthur Andersen à l...