Pour les dirigeants financiers de la DFCG, la souveraineté industrielle n’est plus un slogan : elle relève désormais du financement, de la maîtrise des risques et de la compétitivité durable. Construire une filière stratégique exige de mobiliser des capitaux patients, de sécuriser l’énergie, les matières premières, les technologies et les débouchés, tout en faisant émerger un modèle économique capable de résister à la concurrence mondiale.
Le parcours de Cédric Goarant, directeur financier de Verkor, illustre l’élargissement de la responsabilité financière dans l’industrie. Après avoir exercé dans le conseil en levées de fonds et en fusions-acquisitions, il accompagne aujourd’hui le passage d’un projet technologique à une réalité industrielle : la construction d’une gigafactory de batteries à Bourbourg.
Le financement de plus de 1,3 milliard d’euros obtenu auprès de 19 banques en 2024 donne la mesure du défi. Il s’agit de rendre finançable un actif industriel lourd, innovant, intensif en capital et exposé à une multiplicité de risques techniques, commerciaux, énergétiques et géopolitiques.
Dans cet entretien, Cédric Goarant explique comment la fonction finance peut contribuer à faire passer une ambition de souveraineté du stade du projet à celui d’une entreprise industrielle autonome, compétitive et durable.
Interview réalisée par Yvon Farnoux, Président du Comité éditorial de Finance&Gestion, le 7 septembre 2026.
Interview: Yvon Farnoux (YF) – Cédric Goarant (CG)
Une levée de fonds n’est pas une fin : c’est le début du projet
Yvon Farnoux : Vous êtes passé du conseil en levées de fonds et en fusions-acquisitions à la responsabilité financière d’un industriel en construction. Qu’est-ce qui change lorsque l’on ne finance plus seulement une histoire de croissance, mais que l’on doit faire vivre une usine ?
Cédric Goarant : Il y a deux changements. Le premier est le passage du conseil à la participation directe à une aventure industrielle. En M&A ou en levée d...