Comment va l’économie des États-Unis ? Ça dépend qui regarde !
Jason Furman, dans une tribune récente du The New York Times, fait un topo sur la conjoncture états-unienne. C’est un sujet lourd politiquement à l’approche des midterms de novembre. Les uns disent que l’économie était catastrophique sous Joe Biden, « un cauchemar » selon Donald Trump ; les autres que la gestion de Trump mène à l’abîme.
Or, la morne réalité des chiffres montre que, tout bien pesé, les choses ont été en 2025 comme elles l’ont été en 2024 : ni excès de pétulance, ni calamité. Voici le tableau comparatif qu’en dresse Furman :

Ce n’est pas trop étonnant. Une économie diversifiée, relativement peu ouverte sur le reste du monde par son commerce (si on la compare à l’Europe), s’avance comme un immense porte-conteneurs dont il est dur de faire bouger la trajectoire. La seule grosse différence est bien sûr, depuis peu, le prix de l’essence à la pompe, mais remarquons que l’économie est « hedgée ». En effet, le pays est autosuffisant en énergies fossiles et ce qui sort de la poche des consommateurs va dans celle des producteurs du Texas et d’ailleurs. L’Europe n’a pas cette chance.
Une autre différence semble être négligée par Furman : l’IA. Non pas l’IA en tant qu’outil de productivité et (peut-être) de perte d’emploi, mais l’IA en tant que gigantesques investissements dans les processeurs et les centres de données. On parle de 600 Md$ d’investissements déjà engagés et de la promesse de beaucoup d’autres.
En tout cas, un jugement sobre est que l’économie suit aujourd’hui son cours aux États-Unis.
Or, ce n’est absolument pas la perception qu’en a le public, ce qui n’étonne guère dans le climat politique incandescent que connaît le pays en ce moment. En rouge sur le graphique qui suit, l’opinion des électeurs républicains ; en bleu, celle des démocrates (on rappelle qu’aux États-Unis, l’électeur informe le bureau électoral de son rattachement politique, ce qui aide la statistique).

C’est tout simplement aux antipodes. La seule chose qu’on peut à peu près retenir, en suivant la courbe noire qui fait la moyenne, c’est un sentiment moyen sur la conjoncture dégradé par rapport aux dernières années Biden, mais pas énormément.
Ce n’est donc pas forcément sur l’état de l’économie que se joueront les midterms.


