La crise climatique est de loin le danger le plus menaçant sur la qualité de la vie terrestre. Si rien n’est fait, le climat peut subir, comme l’indique le graphique bien connu qui suit, une hausse de 3 à 6°C des températures d’ici la fin du siècle, un changement jamais vu depuis des millions d’années. Nous souffrons déjà et voyons de nos yeux le changement du climat, alors que les températures n’ont crû que de 1°C depuis l’ère préindustrielle.

 

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Où sont les bonnes nouvelles dans tout cela ? Le FMI vient de publier un court billet dans son blog qui reprend en résumé une étude plus poussée qui figure dans le chapitre 4 de son dernier World Economic Outlook. Les deux graphiques du présent billet en sont tirés.

Que dit cette étude ? Il y aurait une stratégie possible permettant de limiter le risque climatique sans affecter, au contraire, l’emploi et les revenus. Il s’agirait de jouer tout à la fois sur la composition de l’énergie (à fortes ou à faibles émissions) et sur la consommation totale d’énergie. Il apparait donc deux instruments, chacun avec leurs limitations :

  1. Une taxe carbone rend les carburants sales plus chers, ce qui incite à orienter la source d’énergie vers des sources plus propres. Mais la taxe réduit aussi la consommation totale d’énergie parce que, globalement, l’énergie est plus chère, ce qui pèse sur les consommateurs.

  2. Des subventions ou investissements publics directs dans l’énergie verte jouent en sens inverse : elles visent à rendre l’énergie verte moins chère et plus abondante. Toutefois, en rendant l’énergie globalement moins chère, elles accroissent la consommation totale d’énergie.

Une intuition en résulte : il faut combiner les deux instruments selon un calendrier approprié.

Les pays devraient en un premier temps opter pour une stimulation des investissements verts, tels que transports publics propres, réseaux électriques intelligents pour intégrer les énergies renouvelables dans la production d’électricité, et modernisation des bâtiments pour les rendre plus énergie-efficaces.

Deux effets en résultent : tout d’abord une stimulation de l’activité et de l’emploi, bienvenue après la dépression engendrée par le Covid. Ensuite, des forts gains de productivité dans les secteurs peu intenses en carbone, ce qui est facteur de baisse du prix de l’énergie propre.

C’est alors qu’il devient possible, sur base d’une économie plus vigoureuse, de forcer sur la taxe carbone pour renchérir le prix global de l’énergie, ceci sans trop peser sur les coûts énergétiques des ménages.

 

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Les scénarios qui ressortent des modélisations valent ce qu’ils valent, comme toujours. On devine bien que la principale contrainte n’est pas tant technique (après tout, les coûts des énergies propres ne cessent de baisser) que politique. Mais on note une lueur d’optimisme dans des projections qui restent compatibles avec une économie zéro-carbone en 2050 tout en stimulant la croissance et l’emploi : +0,7 % pour le PIB mondial en moyenne au cours des 15 premières années de la reprise, soit à l’échéance entre 8 et 12 % au-dessus d’un scénario consistant à ne pas prendre ces mesures.

 

 

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