L’IFA (Institut français des administrateurs) et Ethics & Boards, un institut européen de suivi de la gouvernance d’entreprise, viennent de publier un intéressant topo sur la structure des conseils d’administration des entreprises du SBF120. Disponible ici, mais protégé.

C’est sans nul doute un satisfecit qui en ressort, surtout si on compare la situation française à ce qui prévaut à l’étranger. Relevons par exemple :

  • Une féminisation croissante, avec un ratio atteignant 45,7 %, même si elle peut progresser encore dans les Comex (22,7 %),
  • Des séances de conseil plus nombreuses (11 réunions, contre 9 les années précédentes), avec une assiduité croissante.
  • Une dissociation croissante, atteignant désormais 2/3 des conseils, entre les fonctions de président et de DG (ou conseil de surveillance et directoire),
  • Des conseils plus équilibrés en âge, signe sans doute d’un moindre encroûtement des administrateurs à leur poste.

 

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C’est la place des salariés dans les conseils qui retient notre attention ici. Elle est en forte progression, largement en conséquence de la loi Pacte. Sur 1500 postes d’administrateurs au sein du SBF120, plus de 200 sont désormais occupés par des salariés, un doublement en six ans (graphique).

 

 

Surtout, les salariés sont présents désormais dans la plupart des comités au sein du conseil. Nos lecteurs financiers noteront une présence moindre dans le comité d’audit que dans les autres comités (graphique).

 

On note une présence à 40 % dans les comités ayant une fonction RSE (responsabilité sociale et environnementale), occasion de noter que les entreprises font désormais le choix dans une grande majorité de mettre en place de tels comités. Près des 2/3 des sociétés (contre seulement 1/4 en 2015) ont en 2021 un comité chargé des questions RSE, dont une bonne part (40 % d’entre eux) à titre exclusif. Ce chiffre français se compare à 47 % au Royaume-Uni et 38 % aux États-Unis. Il n’est que de 8 % en Allemagne qui, en revanche, on le sait, admet systématiquement des salariés à ses conseils dans une proportion de 30 % en général et de 50 % pour les entreprises au-delà de 5000 salariés.

 

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Des progrès à faire pour l’Allemagne en matière de gouvernance RSE dans les entreprises, des progrès à faire pour la France en terme de codétermination.