Le couple solaire / batteries s’installe comme la ressource énergétique dominante
On s’est longtemps moqué du solaire en remarquant que la nuit, il faisait nuit. De fait, le solaire ne brille vraiment et ne peut produire efficacement de l’énergie qu’autour du midi solaire. Cette source d’énergie est donc frappée du mal de l’intermittence journalière.
C’est de moins en moins vrai avec la baisse continue du prix des batteries et de leur capacité de stockage. On le voit dans ce graphique extrait du toujours remarquable rapport annuel, ici celui de 2026, produit par le think-tank Ember. Voir Global Electricity Review 2026.
Il s’agit du marché de l’électricité en Australie, certainement un pays qui jouit de bonnes conditions climatiques et de superficie pour développer cette énergie. L’offre solaire est devenue si abondante que les autorités ont décidé que l’électricité serait gratuite pour les particuliers dans les heures de plein soleil. Le programme s’appelle Solar Sharer et a démarré au 1er juillet 2026. Il oblige les fournisseurs d’électricité comptant plus de 1000 clients à proposer une offre incluant trois heures d’électricité gratuite entre 11h et 14h.
D’où une ruée sur les lave-vaisselles à option d’heure préprogrammée. Mais cela ne suffit évidemment pas. On ne peut déplacer à midi le repas du soir. Or, parallèlement, il y a eu au cours des années très récentes un véritable boom d’acquisitions de batteries par les ménages pour les libérer de la contrainte du soleil à midi.

L’effet est parlant comme le montre le graphique : le prix de l’électricité faisait un pic vers les 18h fin 2024, le voilà quasiment effacé aujourd’hui, à tel point que certains questionnent l’utilité du programme Solar Sharer. (Ne pas sanctifier trop vite l’Australie cependant, le charbon fait encore 46% du mix énergétique du pays !)
« OK ! » serait prêt à dire un Jean-Marc Jancovici qui n’a jamais été un violent fanatique du solaire (voir encore ce qu’il en disait dans sa BD à succès Le Monde sans fin, Jancovici/Blain, Dargaud, 2021 – succès mérité quand même, ajoutons-le !), « mais, pour ajouter, le soleil ne brille pas en hiver ! ».
C’est vrai, et on est loin de disposer de batteries à prix économique pouvant tenir une charge sur longue durée. Mais s’il y a eu la révolution des panneaux solaires, on est maintenant en plein dans la révolution des batteries. Les progrès sont visibles par ce second graphique.

La « production solaire » croit depuis 10 ans au rythme de 27% l’an. Elle vient de dépasser la production d’électricité d’origine éolienne et rejoint la production d’origine nucléaire. Et la réduction du coût des panneaux solaire et à présent des batteries fait qu’on peut compenser le moindre ensoleillement par un nombre de panneaux plus important.
Et l’on peut ajouter enfin que l’éolien est assez complément du solaire car le vent a davantage tendance à souffler en hiver sous nos climats. Ce troisième graphique le montre éloquemment. La courbe bleue est celle de la production éolienne, la jaune le solaire, ceci en part dans la production électrique de l’Union européenne.

Enfin, une statistique récente marque les esprits. Désormais, soleil + vent + eau, trois des quatre éléments de base de la nature, viennent de dépasser à eux trois le charbon, c’est-à-dire la terre pour compléter le carré d’Aristote.
Et la France ? Si la crise climatique devait faire demain – triste destinée ! – ressembler la France à l’Espagne, le solaire gagnerait quelques galons comme solution énergétique pour le pays.
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