Dans le prolongement de son article « Rôle et outils du Directeur Financier », Emmanuel Camus apporte des précisions sur les outils que peuvent utiliser les Directeurs Financiers et de Contrôle de gestion.

Cet article de Finance&Gestion (n°328 avril 2015), jouant avec la notion de « Business Angel », appelle le Directeur Financier à se positionner en « créateur de valeur » pour son entreprise. Au-delà de la tenue des états financiers et de la gestion du risque, il lui faut tenir un rôle actif auprès des actionnaires. Les SI peuvent-ils être un atout dans son jeu ?

Nous avons dissociés 4 natures d’outils à sa disposition, plus ou moins accessibles pour les PME, dont les données sources sont internes ou externes à l’entreprise.

L’information interne peut être structurée dans des outils dits de « Business Intelligence » (BI). Les sources sont souvent multiples avec des données brutes difficilement exploitables. Parmi les sources, nous citerons l’ERP, le CRM, les outils métiers et les outils développés en interne. Cette liste n’est ni exhaustive ni limitative.

La BI va rendre intelligible toutes ces données et va permettre de les rapprocher. L’objectif est d’obtenir une vision d’ensemble afin de faciliter l’analyse. Ainsi, l’analyse du CA et des marges réalisées (issues de l’ERP) pourraient être croisées avec les données prospectives issues du CRM.

Ce mode de traitement de l’information est très accessible pour les PME. Aujourd’hui, les plus avancées travaillent en mode SaaS.

La Performance Management (PM) est une nature d’outils un peu plus complexe à mettre en œuvre dans les petites structures. La PM consiste en la modélisation, la préparation et le pilotage de la réalisation des budgets. En effet, il s’agit ici de travailler un prévisionnel sur la base de jeux d’hypothèses. Incontestablement, les résultats obtenus interviennent dans la modélisation de la réalisation des objectifs.

Ces outils permettent également les raisonnements de type « what if ». Le Directeur Financier dépasse la seule gestion du risque. Il enfile l’habit de « Business Angel » et modélise sur la base de ses analyses des actions qui peuvent créer de la valeur pour l’entreprise.

Ce traitement des données internes à l’entreprise pourra fort judicieusement s’enrichir des informations issues de sources externes

Internet et les réseaux sociaux sont une nature d’outils à ne pas négliger par le monde de la gestion. Cependant les Directions Financières en sont peu consommatrices alors que l’accès est facile et peu coûteux.

Il s’agit ici de capter et d’analyser un grand nombre d’informations exogènes à l’entreprise, de réaliser par exemple un benchmark sur des points particuliers. Surfer sur le net est également reconnaître sa capacité à capter les nouvelles tendances de son marché.

C’est, pour le Directeur Financier, devenir acteur dans la capacité à identifier te proposer des gisements de développement à son entreprise.

Enfin, le Big Data et le Data Mining sont les outils les plus complexes et coûteux. A ce jour, la plupart des entreprises en sont encore dans le domaine expérimental. De ce fait, ces outils sont quasi inaccessibles aux PME.

L’originalité consiste en la captation d’un grand nombre d’informations endogènes et exogènes à l’entreprise et à les croiser.

Il est question d’analyser tout ce qui peut contribuer à enrichir l’entreprise. Les études et analyses prédictives, la capacité à anticiper les tendances sont fondamentales pour le développement à venir. Elles deviennent un actif, moteur de la création de valeur.

L’accélération de la facilité d’accès à l’information et le volume croissant d’informations disponibles obligent l’entreprise à concevoir en permanence de nouveaux outils d’analyse. L’exploitation de ces données demande aux Directions Financières de s’y former, pour accroître grâce à elles leur proactivité.

Le Directeur Financier doit orchestrer la réponse à ce nouveau défi dans la capacité à intégrer les données de gestion et de marché, internes et externes.

 

Tableau synthétique

Outils SI                            Pourquoi faire ?Accessibilité pour les PME
Business Intelligence
  • Consolider et structurer l’information interne provenant des différentes briques SI (ERP, CRM…)
  • Avoir une vision d’ensemble et analyser les données historiques (CA et marges réalisés…) de l’entreprise
Très bonne Les PME l’utilisent généralement en mode SaaS
Performance Management
  • Modéliser, préparer et piloter la réalisation des budgets
  • Effectuer des prévisions sur la base d’hypothèses (« what if ») et d’analyses
Moyenne Souvent  trop complexe pour les PME
Internet et les réseaux sociaux
  • Capter les informations exogènes à l’entreprise
  • Connaître et anticiper les tendances
  • Partager les idées et les retours d’expérience
Bonne Peu d’activité prospective et collaborative via ces canaux au niveau des DAF en PME
Big Data et Data Mining
  • Capter et analyser un grand nombre d’informations endogènes et exogènes à l’entreprise
  • Mener des analyses statistiques prédictives permettant d’anticiper les tendances
Mauvaise Les démarches sont expérimentales et les investissements sont importants, ce qui rend quasi inaccessibles ces outils aux PME

Emmanuel Camus – Directeur Financier à temps partagé, membre de la commission technique SI et système d’aide à la décision du comité scientifique de la DFCG.

Pour aller plus loin :  » Du bon usage du système d’information décisionnel  »