L’IA va-t-elle économiser plus d’énergie qu’elle va en consommer ?
Les serveurs utilisés par l’IA consomment un montant astronomique d’énergie. On estime que, d’ici 2030, la demande supplémentaire d’électricité liée à l’IA sera égale à la consommation électrique de tout le Japon en 2024, soit 913 TWh ou 3,5 EJ (exajoule).
En revanche, on attend de l’IA qu’elle optimise les réseaux électriques, la production industrielle, les transports, etc., ce qui va aider, en principe, à limiter la demande d’énergie, dont, pour une part, d’électricité.
Le bilan, quel est-il ? La réponse, si l’on en croit le dernier World Energy Outlook (2025) de l’IEA, est positive. Les gains l’emportent nettement sur la consommation supplémentaire. La seule réserve, c’est que les dépenses d’énergie liées à l’IA sont très prévisibles et les gains très incertains.
Données de base
- L’investissement dans les serveurs et centres de données pour l’IA est énorme. On l’estime à 580 Md$ pour 2025. Le chiffre est supérieur à l’investissement total dans les énergies fossiles, 540 Md$.
- Contrairement à une idée reçue, la demande électrique liée à l’IA n’est pas le plus gros poste d’accroissement en matière d’électricité : la climatisation, le transport et les différents équipements électriques pour les ménages et l’industrie arrivent bien devant en matière de hausse (graphique).

- Ce sont les États-Unis qui concentrent, et de loin, la croissance la plus forte en matière de serveurs et donc de consommation électrique liée à l’IA.
- Les économies d’énergie attendues concernent, en pratique, tous les secteurs de l’économie, mais prioritairement les voitures et camions, la sidérurgie et le transport aérien (graphique). Dans son scénario médian, l’IEA chiffre les économies à 13,5 EJ en 2035, soit, si on le convertit en TWh, à 3,750 TWh. C’est aujourd’hui la consommation de l’Indonésie (attention, en énergie totale et non en seule électricité).
- Mais le bilan est positif, à en croire le rapport, puisque la hausse de la consommation électrique liée à l’IA sera de 3,5 EJ entre 2030 et 2035, quand les économies d’énergie s’élèveront à 13,5 EJ. Si l’on estime (Vox-Fi) que la demande d’électricité représentera 25 % de la demande finale totale d’énergie à ces dates (21 % en 2024), le bilan, limité à la seule électricité, est équilibré en gains et pertes.



