Pour le moins, les flux ne sont pas limpides en matière de flux de caisse et de commissions dans les transactions par carte de paiement. Et quand les choses ne sont pas claires, il y a place, on le sait, pour quelques rentes qui échappent au regard.

Avant d’en faire l’analyse, essayons de démêler l’écheveau dans le cas français. La particularité du paiement par carte, c’est que l’utilisateur du service, à savoir le client faisant un achat, n’a strictement rien à payer en direct sur la transaction alors que c’est lui qui bénéficie du service de liquidité. Il a donc peu de raison d’être attentif à son coût économique. Elle figurera bien sûr de façon implicite dans le prix de ce qu’il achète, mais cela, il ne le voit pas. C’est le cas typique d’un modèle dit biface, où la gratuité prévaut pour le receveur du service. On est en dehors des relations économiques bilatérales qu’on rencontre habituellement où prix et quantités sont sous le contrôle des deux parties. Il en découle l’opacité mentionnée en début de ce texte.

Il y a en fait cinq parties prenantes lors d’un paiement par carte : le client et sa banque (dit l’émetteur) ; le commerçant et sa banque (dite l’acquéreur) et le réseau qui exécute la transaction (Visa, Mastercard et CB pour les plus connus chez nous).

Le graphique qui suit décrit les flux de caisse entre ces cinq parties ceci pour un paiement (étape 1) de 100 € du client au commerçant. Détaillons-le.

 

Si le client paie par carte, c’est qu’il en dispose auprès de sa banque ou d’un autre agent financier (étape 2). Le prix de la carte, son abonnement annuel, résulte d’un acte commercial et dépend de la nature de la carte (débit seul ou crédit) et des services que rend cette carte outre la réalisation du paiement.

Le jeu des commissions

La commission (étape 3), dite marge d’acquéreur ou merchant discount rate, ci-après MDR, est ce que facture la banque « acquéreur » à son client. Comme elle recouvre différent coûts et marges, on y reviendra en dernier, car elle n’est qu’une addition.

Elle recouvre en premier lieu la commission d’interchange, « interchange » ci-après, que paie l’acquéreur à l’émetteur pour lui avoir apporté un flux de paiements (étape 4). En Europe, cette commission est très réglementée pour les particuliers par un souci de défense du consommateur et du commerçant, car elle pourrait faire l’objet sinon d’une entente du moins d’une complicité entre les banques et le réseau de cartes, sachant que le client n’en mesure pas le coût.

Pour les particuliers, elle est de 0,2 % pour une carte de débit et de 0,3 % pour une carte de crédit. Nous avons en France la spécificité de mal connaître cette distinction puisque la majorité des paiements se fait par une carte hybride « à paiement différé », qui est en pratique un débit retardé de 30 jours au plus et ne portant pas intérêt. Par une bizarrerie de la législation qui ne désavantage pas les banques françaises, ces dernières supportent quand même une commission de 0,3 %.

Pour les cartes professionnelles et entreprises, il n’y a pas de protection offerte par la loi et le taux de commission d’interchange est librement débattu. Il va de l’ordre de 0,9 % pour le réseau CB et de 1,2 à 2 % pour les réseaux Visa et Mastercard, le taux le plus courant étant proche de 1,2 %.

Vient ensuite la commission pour frais de réseau ou scheme fee (étapes 5 et 6) payée au réseau simultanément par l’émetteur et par l’acquéreur. Elle est facialement autour de 0,01 %. Plus précisément, entre 0,010 % et 0,014 % pour une carte de débit Visa, autour de 0,0164 % pour Mastercard et un montant fixe de 0,00117 € par transaction pour CB, quasiment rien en pratique car le groupement Carte Bleue est une entité qui n’a pas en soi de but lucratif puisque possédé par l’ensemble des banques de la place. Ce n’est pas au niveau du groupement que les banques françaises font leur marge.

Celui qui fixe le prix n’en touche pas le montant

Vient le point délicat. On peut être surpris que les frais de réseau soient aussi bas, de 0,01 % pour les cartes particuliers débit, si on les compare aux 0,9 % de l’interchange. Comment Visa peut-il gagner son argent quand la banque touche jusqu’à 90 fois plus ? Deux choses ici :

  • La commission d’interchange n’est pas fixée par les banques ; elle est décidée par le réseau. Le réseau vit essentiellement du volume des transactions et c’est donc le volume qu’il cherche à maximiser. Il va arbitrer entre une commission de réseau basse (et c’est ce qui attire les commerçants à accepter les paiements par carte) et une commission haute (et c’est ce qui fait vivre les banques et, on va le voir, leur permet leurs actions commerciales). Trop haute, moins de volume ; trop basse, moins de banques qui s’affilient à un réseau et moins de volume à nouveau.
  • Les réseaux vivent d’autres types de commissions, essentiellement sur les cartes professionnelles : transactions internationales, lutte antifraude, tokenisation, analytique…, autant de commissions que le commerçant ne verra jamais (d’où le « facialement », mais qui concernent contractuellement la banque et le réseau. Ce sont les cartes de crédit qui comportent la majorité de ces avantages. Quand on parlait de 0,01% pour les frais de réseau pour une carte de débit particulier, on relève des cas où cette commission s’approche de 0,8 %.

L’important est que le réseau n’a pas à souffrir de laisser aux banques la commission d’interchange. Visa perçoit tant par les commissions sur transactions et par les divers services de l’ordre de 0,28 % du volume transacté (soit 40 Md$ de revenu net sur 14 000 Md$ de transactions), ceci à l’échelle mondiale, beaucoup moins en proportion en Europe qu’aux États-Unis, on va le voir.

La marge brute acquéreur ou merchant discount fee — MDR (3)

Retournons à présent à l’étape 3. Le MDR recouvre l’interface (étape 4), les frais de réseau (étapes 5 et 6), les services propres de la banque acquéreur (terminal de paiement, l’infrastructure e-commerce, détection de fraude), la garantie de règlement au commerçant même en cas d’impayé du côté émetteur, le virement des fonds encaissés, ce qu’on appelle le règlement/compensation, et finalement la marge nette de la banque.

Tout l’ensemble qui n’est ni interface ni frais de réseau varie dans une fourchette entre 0,3 % et 1,75 % du montant de la transaction, le taux variant fortement en fonction de la taille du commerçant et de son pouvoir de négociation. Un taux de 0,75 % pour la carte d’un particulier serait proche de la moyenne, davantage pour une carte professionnelle, ceci en notant que le commerçant n’est pas capable de distinguer une carte professionnelle d’une carte de particulier quand un client vient faire un achat alors que la première va lui coûter beaucoup plus.

Si l’on ajoute les commissions d’interface et de réseau, on se trouve donc entre 0,5 % et plus de 2 % au total en France. Le petit commerçant est proche ou au-dessus du chiffre de 2 %, ce qui explique parfois sa réticence à accepter les cartes, notamment pour les petits pays (en raison de la partie fixe des frais de réseau chez CB). Mais cette réticence est souvent le souci d’échapper au fisc en prétextant « les charges bancaires qui m’écrasent ».

Ce qu’il en est aux États-Unis

C’est aux États-Unis que les commissions sont de très loin les plus élevées et en Europe les plus basses, les autres pays étant pour la plupart au niveau intermédiaire. Une étude récemment faite par des chercheurs sur l’ampleur du phénomène (Who Pays for Payments?, NBER Working Paper 35067) donne des chiffres assez précis sur un échantillon très important de transactions par carte bancaire.

Première différence avec l’Europe, il n’y a pas aux États-Unis interdiction pour le commerçant de refacturer facialement ces frais à son client. Le commerçant a donc le choix entre imputer directement le coût à son client porteur de carte ou bien d’inclure les frais de paiement dans son prix de vente. Il faut noter dans ce dernier cas que le client qui paie en cash plutôt qu’en carte supporte ces frais implicites dans son prix d’achat sans avoir utilisé le service. Il subventionne en quelque sorte le client porteur de carte, un point qu’on va commenter plus longuement.

Le MDR, marge totale prélevée sur le commerçant, est en moyenne de 2,25 %. Les commissions d’interchange s’élèvent à 1,90 % avec, de façon importante, une facturation partiellement variable, partiellement fixe – ce qui pénalise les petites transactions. Elles sont 0,05 % plus 0,21$ par transaction pour une carte de débit ; mais de 1,5 % plus 0,10$ par transaction pour une carte de crédit de particulier ; et jusqu’à 2,7 % plus 0,10$ pour une carte commerciale ou crédit dite premium.

Il faut à ce propos rappeler le charme des cartes de crédit : le crédit dure tant qu’il n’est pas interrompu par le client, à la différence de la carte à débit différé en France. Les banques gagnent ainsi beaucoup de par la négligence du client dans la gestion de son solde bancaire.

Quant aux frais de réseaux, ils sont de 0,07 % côté émetteur comme côté acquéreur, soit 0,14 % au total.

On note donc au total des charges pour le commerçant plus lourde qu’en France et en Europe, mais également une structure de commissions très différente. C’est l’interchange qui est la composante massive dans le système des cartes aux États-Unis, essentiellement parce qu’elle est non régulée à la différence de l’Europe. (Il existe pour être complet une régulation dite Amendement Durbin qui limite l’interface pour les seules cartes de débit si la banque émettrice est de taille importante, mais il semble que la justice étatsunienne soit en train d’annuler cette protection.)

Cette différence de structure entraîne, on va le voir, une différence majeure de dynamique commerciale.

Le retrait de liquide dans les DAB

Un mot sur les DAB (distributeurs automatiques de billets) qui rendent une fonction importante dans le système de paiements puisque facilitant la conversion de monnaie bancaire en billets. Leur schéma est intéressant parce qu’ici le schéma des interchanges s’inverse. C’est la banque acquéreur qui reçoit la commission d’interchange, ce qui n’est pas anormal car c’est elle qui fournit le matériel et le lieu. Cette commission dite CIR, pour commission interbancaire de retrait, est fixe en France, de 1,2 € quel que soit le montant pour les retraits dits « déplacés » (dans une banque autre que la banque ayant émis la carte). La banque porteuse de la carte la répercute à son client au bout de 4 à 6 retraits et en prenant une marge dessus : la commission est de 2 € pour le premier retrait payant. L’extension des cartes et plus généralement des paiements électroniques pousse les banques, du moins en France, à réduire le nombre des DAB installés ou encore à les mutualiser dans les petites localités où il n’y a raisonnablement place que pour un DAB.

L’approche marketing et le phénomène des coupons

Dans un monde de parfaite fluidité, les cartes de crédit rendraient un service indistinct, à savoir associer une fonction de paiement et une fonction de crédit à la consommation. Elles seraient donc indiscernables et donc « banales », si ce n’est le taux du crédit que fait la banque à son client. Il ne devrait pas être possible d’avoir des prix différenciés et la concurrence entre banques pousserait normalement ce prix à son minimum, à savoir les frais techniques, dont ceux du réseau.

Comment font alors les banques pour rendre différent quelque chose qui n’a absolument rien de différent ?. C’est ici qu’interviennent ce qu’on pourrait appeler des rétro-commissions sous la forme d’avantages divers et de produits et services annexes : réductions sur achats dans certaines boutiques, sur billets d’avion, prestations d’assurance voyages, etc. Ceci bien sûr est versé au client et non au commerçant. Si le programme est alléchant, le client est attiré par la carte, c’est-à-dire par la banque qui propose la carte.

Suivons alors le fil d’une transaction. Le commerçant n’est pas en mesure de discriminer entre les types de cartes les plus courantes (en clair, il peut refuser Amex, mais ni Visa ni Mastercard, et pas Visa sur une carte de Citibank). Si la carte est plus coûteuse parce qu’elle comporte davantage de « rétrocommissions », il paiera sans le vouloir une marge brute plus importante à sa banque acquéreur, ce qui permettra à cette banque d’acquitter des interchanges plus élevés à la banque émettrice de la carte.

À charge pour le commerçant, bien entendu, de récupérer ses frais supplémentaires en facturant, directement ou indirectement, ses clients.

Le phénomène est réduit en Europe en raison du plafond réglementaire imposé aux commissions d’interchange ; il est énorme, disons-le, aux États-Unis et ses effets redistributifs sont majeurs comme on va le voir. L’étude citée plus haut calcule sur son échantillon que les « rewards » ou coupons reversés au client s’élèvent à 1,4 % de la transaction alors qu’elle touche 1,9 % d’interchange.

Les aspects redistributifs des cartes de crédit

Le montant rendu au client s’élève donc à 1,4 % aux États-Unis. Mais à quel client, sachant que la banque a des clients très profitables et d’autres qui le sont beaucoup moins ? La réponse est bien sûr aux clients capables de payer une carte offrant ces avantages, à savoir une carte de crédit plutôt que de débit et plus encore une carte de crédit premium.

La banque s’interdit d’empêcher frontalement un client d’acquérir une carte premium, mais il lui suffit d’opérer par discrimination en matière de tarifs ou de limites de crédit. Sans simplifier outre mesure, on peut donc dire que les hauts revenus sont les seuls à bénéficier pleinement des cartes porteuses de copieux coupons.

Pour citer à nouveau l’étude Who Pays for Payments?, ce serait de l’ordre de 30 Md $ qui sont redistribués chaque année depuis les gens payant en cash ou par carte de débit vers les gens qui ont pleinement accès aux cartes de crédit, surtout premiums.

Les gens qui paient en cash, disent les auteurs de l’étude, perdent environ 0,96 % de pouvoir d’achat, les utilisateurs de cartes de débit réglementées environ 0,47 %, tandis que les utilisateurs de cartes de crédit de base et premium gagnent respectivement 0,48 % et 0,59 % de pouvoir d’achat. Ces chiffres doivent être un peu mitigés sachant que ces catégories de clientèle n’achètent pas en général dans les mêmes magasins.

Le phénomène est plus réduit en Europe, on l’a dit, car les interchanges sont fortement réduits par la législation. Mais il n’est pas entièrement éliminé. La banque émettrice française reçoit certes moins qu’une banque étatsunienne en interchange, mais cette banque est également banque acquéreur de par ses clients commerçants. Si les interchanges sont très bas, les MDR le sont moins. De par ses revenus en tant qu’acquéreur, la banque a donc les moyens de faire elle aussi de la promotion par divers avantages et coupons, même si c’est à des niveaux sans commune mesure avec ce qui se passent dans les pays où les interchanges ne sont pas régulés. Le mou qu’elles acquièrent pour offrir des coupons à leurs clients renvoie au phénomène redistributif noté plus haut dans l’exemple étatsunien. Cet argument montre l’intérêt pour une banque d’avoir tout à la fois une clientèle de particuliers et de professionnels.

L’enjeu européen d’un contrôle de ses moyens de paiement

Visa et Mastercard, par leur mainmise sur la gestion du cash, sont de gigantesques machines à cash. Voici leurs données financières :

En 10 ans, la valeur boursière a été multipliée par plus de quatre dans le cas de Visa (soit une progression annuelle de 16 %), de cinq dans celui de Mastercard. Le profit net fait autour de la moitié du chiffre d’affaires et a plutôt cru ces dernières années, le retour sur capitaux propres (ROE) est de 60 % dans le cas de Visa, beaucoup plus pour Mastercard. Il y a dans cette croissance une acceptation de plus en plus large des cartes de paiement mais aussi des marges de duopole qui ont su être préservés malgré les gains de productivité dans cette activité.

Ce poids financier majeur fait naître deux préoccupations chez les régulateurs et politiques européens. La première est la perte de valeur ajoutée pour l’Europe à transférer à l’étranger le service de gros en matière de paiement; la seconde, plus récemment exprimée et de loin plus importante, est la perte de souveraineté sur une infrastructure indispensable à la vie économique, la monnaie restant en principe l’un des attributs premiers de la souveraineté.

On ne s’étonnera pas qu’il soit impossible de voir dans les états financiers des deux opérateurs la part de leurs revenus venant d’Europe. La seule distinction visible est entre le revenu fait aux États-Unis, autour de 40 % pour Visa, et dans le reste du monde. Mastercard est à peine plus explicite.

On peut procéder par estimation, sachant que l’on connaît, par exemple pour Visa, le volume des transactions par zone géographique à un niveau plus précis. Le tableau qui suit fait cette estimation. On observe que le taux de rendement de l’activité (en % du volume de transaction) est supérieur dans le reste du monde qu’aux États-Unis, bien que les taux de commission MDR y sont en général plus bas. Ceci doit être le fait les nombreux services liés, notamment internationaux que rendent ces deux opérateurs. On retient forfaitairement un taux intermédiaire, pourcentage en rouge, de 0,28 % pour l’Europe, ce qui donne un revenu transféré de 9 Md$ environ pour le seul Visa, mais un montant somme toute modeste par rapport aux revenus européens des grands de la tech étatsunienne.

L’enjeu économique est cependant plus large. Ces deux opérateurs, on l’a vu, entretiennent une infrastructure à haute rentabilité pour l’ensemble du système financier, dont les émetteurs des cartes, au détriment des commerçants et leurs clients.

C’est bien la souveraineté qui est l’enjeu principal et, ici, la seule façon de substituer des opérateurs publics ou privés européens à la place du duopole étatsunien est d’être capable de rendre le service d’interopérabilité entre pays de l’Union, un peu ce qu’a fait le réseau CB en France, mais à l’échelle européenne.

Les initiatives récentes tirent parti d’un premier échec connu par l’UE entre 2008 et 2012, à savoir le projet Monnet consistant à créer une carte européenne, abandonné rapidement faute de taille critique (Mastercard a déjà 700 millions de cartes dans l’UE). L’idée aujourd’hui est d’éviter la concurrence frontale dans le domaine des cartes et miser plutôt sur le saut technologique que sont les virements instantanés.

Détailler les initiatives en cours dépasse le champ de cette note. Du côté des banques, on se heurte à de multiples projets en concurrente, le principal étant WERO porté par un très large consortium de banques et déjà en usage en France, Allemagne et Belgique. Il faut noter à cet égard qu’on n’est plus dans le modèle biface des cartes de paiements, ce qui pourrait permettre un fonctionnement moins onéreux pour les paiements du secteur privé.

Mais l’avenir semble être de laisser les initiatives nationales prospérer et de bâtir une couche d’interopérabilité entre systèmes différents (le projet Alliance EuroPA) et un cadre réglementaire commun (Instant Payments Regulation). Il faut aussi prendre en contre le futur euro numérique que la BCE va mettre en place normalement d’ici 2029.

Il faudra compter cependant avec la présence commerciale écrasante à ce jour des deux opérateurs étatsuniens qui ne vont pas rester inertes, ainsi qu’avec de nombreux acteurs ou instruments, tel Apple Pay ou même les cryptos de type stablecoins, qui sont déjà présents ou en voie d’apparition.

Le paysage des paiements est en plein bouleversement. Mais à ce jour, les progrès gigantesques fait dans l’infrastructure, notamment la capacité de paiement immédiat, ne se sont pas traduit par une baisse du coût, mais par une hausse des profits des intermédiaires. La concurrence ne fonctionne pas, non par collusion explicite des opérateurs, mais par l’embrouillamini des intérêts croisés dans ce système de paiement. Si le modèle d’affaires des cartes de paiement a été une innovation remarquable en son temps, il faut souhaiter qu’on puisse très vite passer par des virements instantanés, via des QR code chez les commerçants comme on le voit aujourd’hui en Chine.

 

Illustration : Fog, Voisins (1874)
Alfred Sisley (French, 1840-1899)