J’ai assisté, avec intérêt à 6 conférences du dernier Salon « Solutions » qui s’est  tenu Porte de Versailles à Paris, les 7 et 8 Octobre derniers. Le périmètre de ce Salon couvrait l’ensemble de l’offre de ce qu’il est convenu d’appeler«  systèmes d’informations de gestion » qu’il s’agisse d’ERP, d’outils de Business intelligence, d’outils de dématérialisation, de plateformes d’échanges, de CRM. Comme souvent, il est intéressant, dans ce genre de manifestation, de faire  ressortir les préoccupations d’ensemble et les  orientations en termes de solutions. Une idée force ressortait, de manière récurrente, celle du travail « collaboratif »
Cette exigence se traduit, en pratique, par la nécessité de travaux et projets dans les directions suivantes :

  • Dans la lignée des évolutions induites par la mise en place des ERP dans les années 1990, développement accéléré du pilotage en mode transversal, qu’il s’agisse de projets ou de processus. Il ne s’agit pas là d’une révolution mais d’une accélération des évolutions supportée par les nouvelles technologies qu’il s’agisse d’architecture web, de plateformes d’échanges, de workflows, de dématérialisation de documents, d’architecture informatique, de CRM. Ordonnancées autour de processus d’ensemble, ces technologies vont permettre de coordonner le travail et de faciliter les échanges entre de multiples intervenants. Des exemples cités ont été ceux du processus d’investissement ou du processus budgétaire lorsqu’ils sont complexes. La complexité implique la gestion de scenarii multiples, de données nombreuses, d’intervenants divers. Les technologies mises en oeuvre vont solliciter l’usage d’applications en mode cloud, une architecture web pour faciliter les échanges, des outils de workflow pour le séquencement des tâches, des outils de Business intelligence pour permettre les simulations, des plateformes d’échanges.

 

  • Pour tirer, pleinement, parti des avantages des technologies numériques sur les processus de travail dans les domaines financiers et de gestion, il faut donc d’abord raisonner processus et données échangées entre processus et non outils. Les outils viennent en bout de chaîne, au service des processus et non l’inverse. Il est vrai, néanmoins, que l’introduction des nouvelles technologies agit, souvent, comme catalyseur du changement, en ce sens qu’elle oblige à repenser les modes de fonctionnement dans le sens du décloisonnement.

 

  • L’implication « collaborative » des hommes. C’est là une contradiction et de taille ! Finalement, assez peu de temps, lors des nombreux échanges, a été consacré à cet aspect  humain pourtant essentiel, bien en amont des préoccupations technologiques. Comme évoqué supra, il faut réviser les modes de fonctionnement et, pour ce faire, lever les barrières psychologiques (souvent liées à la peur) qui poussent au cloisonnement et à la rétention d’information.  Quels que soient les outils, on ne peut pas mettre en place un management collaboratif sans des hommes qui collaborent. Or pour collaborer, les hommes ont besoin d’être heureux dans l’entreprise. Par exemple la meilleure plateforme d’échanges pour la gestion des budgets ne servira à rien  si les hommes, mal à l’aise, ne jouent pas le jeu de la transparence et de la collaboration qui sont les composants fondamentaux de la performance dans ce domaine.

 

Et ce sera là ma conclusion. L’exploitation des technologies numériques pour améliorer les performances des processus finances/gestion est d’abord un projet humain qui porte sur la confiance des hommes en l’entreprise et ses valeurs et, en fin de compte sur le bonheur des hommes dans l’entreprise.  Cette dimension fondamentale gagnerait à prendre plus de poids dans les projets de transformation « numérique » des processus financier et de gestion. Cela n’enlève bien sûr, rien, à l’importance de la dimension technologique au service d’un meilleur fonctionnement. C’est la maîtrise de la complémentarité entre aspects technologiques, psychologiques et humains qui est l’enjeu de la transformation numérique de l’entreprise.

Denis Molho, consultant  DMEPerformance, coprésident de la commission systèmes d’information, DFCG