Les nouveaux Ulysse par avis de tempête mondiale

Tensions entre grandes puissances qui s’exacerbent, montée du protectionnisme, Brexit aux contours plus que jamais incertains, ralentissement de la croissance mondiale avec des perspectives encore dégradées du fait de l’apparition du coronavirus en Chine, politiques accommodantes des banques centrales notamment en termes de taux fragilisant les institutions financières, endettement croissant des principaux acteurs économiques, crises sociales et politiques dans un nombre croissant de pays notamment émergents, évolutions technologiques qui changent les modes de production, de distribution, de consommation, voire de financement, exigences croissantes de l’opinion publique internationale en termes de RSE et de lutte contre le changement climatique…

N’en jetez plus ! Cette liste à la Prévert des risques tant géopolitiques qu’économiques ou financiers qui s’accumulent semble brosser un tableau apparemment très sombre d’un environnement international en pleine tempête. Et l’on se demande bien comment les entreprises françaises parviennent à s’adapter à tous ces changements, à intégrer tous ces paramètres dans leurs modèles de croissance, et à ne pas succomber aux sirènes des Cassandre sur fond de rumeurs anxiogènes.

Et pourtant, leurs dirigeants et responsables financiers font preuve d’une remarquable résilience en naviguant souvent avec brio entre tous ces écueils, qui sont aussi autant d’opportunités pour ceux qui savent les saisir et en profiter pour se réinventer en privilégiant la transformation permanente de leurs structures. Ainsi, selon une étude récente[1], 54 % d’entre eux déclarent que les tensions géopolitiques actuelles ont déjà ou auront un impact sur leurs entreprises, notamment sous forme de pertes de parts de marché, d’augmentation du prix de leurs importations, ou encore de sanctions économiques plus étendues. Autre exemple, toujours selon cette même étude, 73 % des grandes entreprises et encore 53 % des ETI et PME se considèrent exposées lors du Brexit, mais 60 % d’entre elles estiment s’y être suffisamment préparées pour être finalement peu touchées.

Rien n’est perdu en effet ! Et nombreux sont ceux qui parviennent à rallier Ithaque. C’est le message empreint d’optimisme et de confiance en l’avenir que font passer tous les acteurs de la vie économique et financière contribuant à ce dossier.

 

[1] Etude PwC/DFCG sur les Priorités 2020 des directeurs financiers.

  • Jérôme Bogaert
  • Armand Angeli