Prévisions mondiales et impact sur l’économie

En 2023, trois pays sur quatre ont enregistré une augmentation des défaillances, avec une hausse de +7 % au niveau mondial. Malgré un ralentissement en Europe de l’Ouest sur cette même année en comparaison à 2022, les défaillances y sont restées élevées, posant un défi supplémentaire à la reprise économique.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2024, avec deux pays sur trois dépassant leur niveau pré-pandémie. Cette progression se retrouvera en effet dans de nombreuses économies avancées, et plus particulièrement aux États-Unis (28 %), en Espagne (+28 %) et aux Pays-Bas (+31 %). Quant à 2025, les défaillances d’entreprises devraient se maintenir à un niveau toujours élevé : +12 % par rapport à leur niveau de 2019 aux Etats-Unis, +8 % en France et +6 % en Allemagne.

L’impact de ces défaillances d’entreprises n’est pas seulement localisé, mais a un effet domino sur l’économie mondiale. En effet, les défaillances d’entreprises pèsent sur l’emploi, la consommation et la stabilité financière. Les conséquences de ces défaillances sont multiples, allant de la perte d’emplois à la diminution de l’investissement, et passant par la réduction du pouvoir d’achat des ménages.

 

Défis et stratégies pour les entreprises

Face à cette conjoncture économique difficile, les entreprises sont confrontées à de multiples défis. En plus de la pression financière, les entreprises doivent également faire face à des incertitudes géopolitiques croissantes et à des réglementations de plus en plus contraignantes. Dans ce contexte, la gestion prudente de la rentabilité et une stratégie de diversification des sources de financement deviennent majeures pour assurer la résilience des entreprises.

Nous recensons cinq défis majeurs pour les entreprises dans les années à venir. Tout d’abord une baisse de rentabilité est attendue, alors que de nombreux pays devront gérer une décélération à la demande mondiale. L’incertitude géopolitique aura, par ailleurs, un impact en 2024 sur le climat économique, compliquant les prévisions commerciales et augmentant les risques de non-paiement. Les conditions de financement et de liquidité restent tendues, ce qui menace la survie des entreprises les plus exposées tandis que l’accélération de la création d’entreprises post-pandémie pourrait entraîner une augmentation naturelle des défaillances d’entreprises, mettant à l’épreuve la résilience des nouvelles entreprises. Enfin, certains secteurs, comme la construction et l’immobilier sont particulièrement vulnérables en raison de leur dépendance à la demande discrétionnaire et de leur intensité en main-d’œuvre.

Dans ce contexte, il est important pour les entreprises de rester vigilantes et de prendre des mesures proactives pour faire face à ces défis. Une gestion prudente de la rentabilité, une anticipation des risques et une adaptation rapide aux conditions changeantes du marché sont essentielles pour assurer leur pérennité dans un environnement économique incertain et en évolution constante.

 

Impacts sectoriels

Certains secteurs sont plus durement touchés par les défaillances d’entreprises. Parmi ceux-ci, citons les secteurs avec un nombre de défaillances déjà revenu très au-dessus du niveau moyen observé depuis 2010, comme le transport/entreposage, l’information/communication, le commerce automobile ou encore l’hôtellerie/restauration. De même, les secteurs de la construction et de l’immobilier connaissent des difficultés en raison de la baisse de la demande, de la hausse des coûts de construction et du ralentissement cyclique de l’investissement résidentiel.

 

 

À propos de Maxime Lemerle

Maxime Lemerle est titulaire d’un Master en Finance obtenu à Paris Dauphine. Il est Responsable des recherches défaillances depuis 2015 et spécialiste des défaillances d’entreprises et des comportements de paiement et de recouvrement. Il rejoint Allianz Trade en 1993 en tant qu’analyste crédit spécialisé dans le secteur du commerce de détail, avant de rejoindre l’équipe en charge des risques d’Allianz Trade en France. En 1999, il rejoint le Département de la recherche économique en charge successivement d’analyse sectorielle, macroéconomique, et des prévisions monde.