Voici deux grands groupes européens très comparables, Schneider Electric et Siemens. Ils opèrent tous les deux dans les secteurs de l’électrotechnique, de la gestion des réseaux électriques, de l’automatisation industrielle et les infrastructures. Siemens est de plus dans la santé et, avec quelques infortunes récemment, dans la construction d’éoliennes. L’un est français, l’autre est allemand et, dans l’esprit de beaucoup, peut-être uniquement parce qu’il est allemand, Siemens est une référence industrielle bien en avance sur Schneider Electric.

Cette image est trompeuse. Schneider Electric est sur une trajectoire plus vigoureuse que Siemens depuis quelques années. La Bourse en a pris conscience, comme le montre le graphique qui suit. Partant d’une base identique en fin 2018, le cours boursier a doublé pour Siemens, montrant l’excellence du groupe, mais il a triplé pour Schneider Electric.

 

Certes Siemens est à ce jour globalement dans un rapport de 2,2X avec Schneider Electric, mais on était dans un rapport plus proche de 3X il y a cinq ans.

 

Et la bourse anticipe que ce rattrapage va se poursuivre. Le tableau suivant donne les principales données boursières.

 

En particulier, la bourse valorise à 4,4X les capitaux propres comptables du groupe Schneider Electric, mais « seulement » 2,9X pour Siemens.

Avouons, au terme de cette photo comparative trop rapide, que cette comparaison est là pour jouer une sorte de match France / Allemagne dans le domaine industriel. Les groupes français ne sont pas toujours perdants et peuvent se débarrasser de leurs complexes. Schadenfreude, disent les Allemands.